Il était motivé. Il avait fait ses recherches. Le produit qu'il voulait était solide, le rendement attractif, le timing correct.
J'ai quand même dit non.
Pas parce que l'investissement était mauvais. Parce qu'il n'avait pas d'épargne de sécurité.
Ce que j'ai vu en faisant le tour de sa situation
En faisant le tour complet de sa situation, j'ai réalisé qu'il n'avait pas de coussin de sécurité. Aucune réserve liquide disponible immédiatement en cas de coup dur.
Tout ce qu'il avait était soit investi, soit engagé.
Un investissement de plus dans ces conditions, même excellent sur le papier, c'est construire un étage supplémentaire sur des fondations instables.
Pourquoi l'épargne de sécurité passe avant tout le reste
L'épargne de sécurité ce n'est pas de l'argent qui dort. C'est de l'argent qui protège.
Elle vous évite de devoir vendre un placement au mauvais moment parce qu'une voiture tombe en panne, qu'une toiture fuit, qu'un client ne paie pas. Sans elle, la moindre dépense imprévue peut forcer une décision patrimoniale sous contrainte.
Et une décision sous contrainte est presque toujours une mauvaise décision.
Le montant idéal : entre 3 et 6 mois de dépenses courantes, disponibles immédiatement, sur un support liquide. Livret A, LDDS, compte courant si nécessaire. Pas de rendement recherché. Juste de la disponibilité.
Ce que beaucoup oublient : l'épargne de sécurité n'est pas une étape optionnelle qu'on fait quand on a le temps. C'est la condition qui rend tous les autres investissements possibles sereinement.
Ce qu'on a fait à la place
On a défini ensemble le montant de sécurité à constituer en priorité.
On a fixé un horizon de 4 mois pour y arriver.
Et on a planifié l'investissement qu'il voulait faire pour dans 4 mois, une fois les fondations en place.
Il est parti un peu frustré. Puis il m'a rappelé le lendemain pour me remercier. Il n'y avait pas pensé de cette façon.
Ce que ça dit sur le conseil patrimonial
Un bon conseiller ne dit pas oui à tout ce qu'un client veut faire.
Il dit oui quand c'est le bon moment pour le bon client. Et il dit non, ou "pas encore", quand les fondations ne sont pas en place.
C'est ça la différence entre vendre un produit et accompagner une stratégie.
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